SYNOPSIS
“L’histoire d’un couple assigné à demeure avec son pire ennemi : Son mélange ADN  de 16 mois” écrivais-je le 15 mars 2020, tandis que j’abordais le journal de bord de notre 1er confinement, avec un matériel réduit, la mission d’une page par jour et celle de forcer la trouvaille plutôt qu’attendre l’inspiration.

 Un huis clos relaté en strips au gré des petits riens qui ont constitué notre épopée cloisonnée... Notre aventure d'intérieur...




CASTING 
Juno, notre chérubine chérie, qui n'a rien d'un ange. Née sous le signe de l'exaltation, elle semble dotée d’une énergie inaltérable. Et si son animus est remarquable, on se questionne toutefois sur sa capacité de ne pas en être l’esclave.

16 mois, 4 syllabes au compteur, mini-pouce mais maxi-dextre ...


Audrey, dont l'intensité intérieure n'a rien à envier à celle de sa fille, bien que
l’expérience de la vie, et notamment son allégeance faite à la maternité, lui aient
appris quelques astuces afin de se canaliser.

Littéraire, érudite, sexy. Enseignante un peu punk...
Marc, explorateur du sédentaire, troglodyte mondain, il mène sa vie où elle le
mène (mais jamais bien loin de son atelier) dans le but ultime de résister à
l’ennui. Il entretient une confusion maîtrisée entre la strate et le flux.

Les pieds sur terre. La tête dans les nuages. Un chouïa inconséquent...



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EXTRAITS



EPILOGUE

La bulle confinée en éclatant, a bouclé un cycle sans pour autant fermer sa parenthèse, 
 un second tome a émergé où dans une moindre fulgurance, la non fin continue.
   


ET POUR CONCLURE
Le texte introductif de l'ouvrage... 
Pavé dans la mare de bonnes intentions.



De la réduction des stimuli vers une épure stimulante... 
Pour être honnête, avec Audrey, on connaissait déjà ces filtrats du réel qui accompagnent l’arrivée d’un nouvel être : l’arythmie, l’usure quotidienne, le cloisonnement, l’isolement relationnel... Depuis sa naissance, on n’aura finalement été déconfinés que 6 mois ; de la crèche, en Septembre, à l’infiltration du virus, en Mars... Force fut de constater que la mignonne petite larve s’y était transmutée en une exploratrice téméraire, très touchante de curiosité mais farouchement inconsciente, et qui sans surveillance, aurait un temps de survie d’à peine quelques minutes... Une tension continue qu’il a fallu contenir de l’intérieur... 
Et sans doute sommes nous parvenus à éviter l’implosion grâce aux 2 sas ritualisés qu’elle nous prodigue quotidiennement durant ses phases de sommeil. Car Juno est un bébé dormeur, dont les nuits de 10 à 12 heures sont de salvatrices armistices qui camouflent à peine leur corolaire ; son temps d’éveil est placé sous le signe d’une énergie furibonde qui semble ne connaître aucune limite, et où la sieste n’est qu’une une option à la durée variable. 
Aux contritions du temps se sont inclues celles de l’espace et de l’énergie... 
C’est donc très paradoxalement que je me suis inventé, dès le premier jour du confinement, cette contrainte d’une planche quotidienne, ainsi que le challenge discret d’optimiser l’instant, tandis qu’il est transmuté en longue durée. 
J’y ai instinctivement pris le parti de l’épure, afin de me lover au mieux dans les contraintes imposées par une réalité réduite. Car si je m’en suis arrangé, tout indiquait que je n’aurais pas le loisir d’une apnée créatrice en profondeur, et que plutôt que de nager à contre-courant, il serait plus sage d’en extraire sur la longueur de multiples fulgurances. En me laissant flotter, à la surface, dans une stase patiente et de longue haleine. 
À l’instar des nivelages sus-cités, il y a eu aussi celui du matériel... Comme un « pavé dans l’amarre » qui a introduit le choix du faire-avec, dans une résilience apaisée et toutefois cathartique. J’aurais très bien pu passer à mon atelier, pas bien loin, mais le champs des possible incombé par ce réel confiné m’est apparu comme une sorte de performance stimulante; les contraintes imposées d’office par une réalité, fut-elle sournoise, sont un bon choix quand on les accepte. « Mine de rien »...
 Et tandis qu’il n’y en n’avait plus le moindre pourvoyeur, je réalisais que la pénurie d’outils-scipteurs pointait... Il allait falloir se tenir, sur les hachurages intempestifs qui densifient l’espace en le rythmant, ainsi que sur les longues démonstrations graphiques et laborieuses (qui camouflent généralement une absence de propos narratif). L’inventaire fut rapide : Deux demi boîtes d’aquarelle (vidées donc de mes couleurs de prédilection)... Des feutres... Quelques fonds de peinture acrylique... Pas mal de pinceaux usés... Et « La Boîte » : Tombeau en carton, purgatoire officiel des vieux stylos mis au brancard mais je ne me résous pas à jeter... Les râcleux, les baveux, les souffreteux qui ont perdu la fluidité abondante de leur jeunesse, mais proposent toutefois une trace, qui quoique désagréable à poser, s’accroche singulièrement au support. Je remis toutefois la main sur quelques précis-précieux feutres indélébiles, au flux régulé et agréablement glissants... 
C’était sans compter le support qui m’attendait : Un socle fragile... Depuis quelques mois, il y avait ce bon gros bloc que je regardais en biais : Format-Paysage, A3, relié... J’avais été attiré initialement par son épaisse couverture au noir mat tramé, d’où se dégageait une densité puissante, avant de découvrir la poreuse fragilité de ses feuilles : Un papier qui fricote avec le buvard, qui boit l’encre, avale les pigments, et qui semble ensuite les recracher dans une redistribution aléatoire. Un papier qui se fonce au contact de l’eau de telle sorte qu’on n’y voit pas ce qui s’y passe jusqu’au séchage et qui impose de tracer vite si l’on veut la ligne fine... Un papier dont je me méfie tout en y revenant rituellement, fasciné par la forme qui s’échappe pour souvent mieux y saisir un propos... 
Quant au sujet, au matériau narratif, j’y ai adopté une approche documentariste, sur la triangulation enfant/parents mis en huis-clos, m’octroyant une prise de recul sur ce qui m’était à la fois le plus accessible et le plus proche, dans une revendication assumée du format de la saynète : Pas la scénette, hein? La saynète ! « Qui désigne une courte pièce comique sans prétention, avec peu de personnages, un sketch. » Les strips se sont ainsi agglomérés au fur et à mesure, pas à pas, peu à peu, puis page par page... 
Prenant l’entonnoir à l’envers ; du particulier au général, je n’ai effectivement jamais eu le loisir de réfléchir à l’ouvrage dans sa globalité, introduisant par l’élément perturbateur tout en ignorant l’épilogue... Un enchainement de péripéties, en somme, avec le pari qu’elles se tuilent dans un spectre narratif plus large... L’aventure ici est dans les petits riens... 
Pas une planche n’a été faite d’une seul traite, ni le jour même... Que des rebonds... Sans doute une déformation venue de mon activité picturale ; en strates, voire en tas, où les fragments s’imbriquent, comme des particules de poussières qui s’agglomèrent en mouton afin d’en composer un troupeau dont je serais le berger de Panurge… 
Une pelote de noeud à dénouer, pour parvenir au fil linéaire du flux narratif. 
Aussi le déroulement fut saccadé, une planche est un segment dans le temps. Un sédiment. Certaines s’étalent sur plusieurs semaines, souvent introduites par de courtes notes au critérium forcées quotidiennement, et des idées premières souvent maladroites, de fragiles intuitions, à réécrire un peu chaque jour pour y dénicher ce qui permet d’oser le graphisme ; puis la valse des gommes, des retouches, des rajouts, des repentir, des ratures, des rustines... Et des rehauts... J’y ai donc travaillé comme dans l’atelier, par couches d’état d’esprit, par strates d’intentions... J’ai eu des soirées, des séances de travail entièrement dédiées à un unique traitement ; Passant de page en page, distribuant tour à tour de courtes mono-manies; monochromie, lavis-bichromes, crayonnés, dessin-feutre, dessin-pinceau, indélébilisation des textes, etc... Ça a sans doute généré un liant entre toutes ces particules. Un passage entre les limites qu’impose la case...
 Je note toutefois ces étranges planches venues de l’abstraction... Où sans la moindre idée de texte, je posais quelques couleurs-traitements, qui déjà composaient l’espace, le séquençaient via la densité des couleurs et la circulation du regard, narraient hors les mots et l’image ; prédisant, pré-textant... 
Et j’avoue (avec le recul) que la bouée du début de ce projet, cathartique et contenante, est devenue à la longue un boulet plombé par la lourdeur du devoir-faire. Mais c’est le poids de la finition, celui de l’aboutissement (je le croise à chaque ouvrage, dès lors que la lubie imaginée, irréelle et onirique, bascule dans le concret). Sans doute aussi cette échappée imaginaire dans l’intérieur confiné avait perdu de sa superbe quand, arrivé au déconfinement, je n’en avais abouti que la moitié des pages, et balbutié plus ou moins clairement les suivantes, et qu’il m’a fallu y travailler encore 2 mois, alors que le réel et les urgences terre-à-terre réémergeaient... Le temps, quoique compressé, s’était élargi... Et l’épure moins naturelle...
 Ce fut toutefois une belle expérience, une longue performance, un message écrit à Juno et Audrey, à ma famille, ainsi qu’aux autre familles, un témoignage, un clin d’oeil, un croche-pied-de-nez, et de manière plus personnelle, une focale faite sur un minimalisme constructif dans mes recherches plastiques et textuelles. 
Je ne souhaite pas pour autant avoir à réaliser un second tome... 

(écrivais je, donc, 6 mois après la fin du premier confinement, avant d’envoyer à l’imprimeur ces pages, afin qu’il les relie, et que mon champs relationnel proche puisse les relire tout en les palpant. Trois mois plus tard, fin janvier 2021, j’ouvrais un nouveau bloc de dessin, et entamais un second tome, hors de la compression des confinements, qui relate les circonvolutions de Juno, jusqu’au mois de Sepembre, et sa rentrée à la maternelle.)







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